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"De regimine principum" de saint Thomas d’Aquin

 
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Légitimisme


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MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 17:41 (2016)    Sujet du message: "De regimine principum" de saint Thomas d’Aquin Répondre en citant

"De regimine principum" ou "De Regno" de saint Thomas d’Aquin
Du gouvernement royal (Chapitres 1-6 ; 15)
vendredi 2 mai 2008 par MabBlavet

Traduction de la partie authentique du De Regno par Claude Roguet avec la collaboration de M. l’abbé Poupon docteur en théologie.
Collection : Les maîtres de la politique chrétienne. Éditions de la Gazette Française, Paris, 1926.

Table des matières

Argument
Dédicace au roi de Chypre et objet de l’ouvrage.
Comme je me demandais quel ouvrage vous offrir qui fût à la fois digne de Votre Majesté Royale et conforme aux devoirs de mon état, il me parut particulièrement convenable de composer pour vous, à titre d’hommage, un traité du gouvernement royal, dans lequel et l’origine du gouvernement, et ce qui a trait aux devoirs des rois serait diligemment exposé d’après l’autorité de la Sainte Écriture, l’opinion des philosophes et l’exemple des princes les plus loués ; tout cela dans la mesure de mon génie propre, comptant pour commencer, poursuivre et consommer mon œuvre sur l’aide de Celui qui est le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs, par qui règnent les rois, Dieu, Souverain Maître, grand Roi qui dépasse tous les dieux.


Chapitre I

QU’IL FAUT NÉCESSAIREMENT AUX HOMMES VIVANT ENSEMBLE QUELQU’UN POUR LES GOUVERNER AVEC SOIN
Le point de départ de notre entreprise, sera d’exposer ce qu’il faut entendre par le mot de roi.


Ce qui doit tendre à une fin, mais par des voies qui sont indéterminées, a besoin d’une direction.
Dans tous les domaines où il existe ordination à une fin, et dans lesquels on a la facilité de choisir entre plusieurs méthodes, il faut absolument un principe directeur, qui permette d’arriver tout droit à la fin nécessairement due.
Un vaisseau, en effet, poussé par des vents contraires dans des directions opposées, ne parviendrait pas au but fixé si l’art du timonier ne le maintenait dans la direction du port.
L’homme, lui aussi, a une fin à laquelle toute sa vie, donc toute son action, est ordonnée, dès lors qu’il agit par intellect, dont le propre est évidemment d’opérer en vue d’une fin.
Or, il se trouve que les hommes s’avancent par des voies diverses vers la fin proposée, ce dont témoigne clairement la diversité des appétits et des actions humaines.
L’homme a donc besoin d’avoir un principe qui le dirige vers sa fin.


L’homme est un animal social et politique.
Aussi chaque homme, par sa nature même, possède-t-il innée en lui la lumière de la raison qui dirige ses actes vers sa fin.
Et s’il convenait à l’homme de vivre solitaire, comme il en va pour beaucoup d’animaux, cette lumière lui suffirait pour l’orienter vers sa fin ; chacun serait à soi-même son roi, sous le règne suprême de Dieu, en tant que, par le don divin de la raison, il se dirigerait soi-même dans ses actes.
Mais la nature de l’homme veut qu’il soit un animal social et politique, vivant en collectivité. Cela lui appartient beaucoup plus qu’à tous les autres animaux et la simple nécessité naturelle le montre clairement.
Aux autres animaux, en effet, la nature a préparé nourriture, vêtement de pelage, moyens de défense — tels que les dents, les cornes, les griffes, ou du moins la rapidité dans la fuite.
L’homme, par contre, s’est trouvé créé sans que rien de pareil lui ait été fourni par la nature ; mais en échange il a été pourvu de la raison qui le met en état d’apprêter toutes ces choses au moyen de ses mains ; et puisqu’un seul homme ne suffit pas à tout préparer, et que du fait de sa solitude il ne pourrait s’assurer à lui-même les biens qui lui permettraient d’entretenir sa vie, il s’ensuit que, de sa nature, l’homme doit vivre en société.
Bien plus, chez les autres animaux est implantée une aptitude naturelle à discerner tout ce qui leur est utile ou nuisible. Ainsi, la brebis perçoit instinctivement dans le loup un ennemi. C’est en vertu d’une aptitude analogue que certains animaux savent distinguer naturellement des plantes curatives et encore tout ce qui leur est nécessaire pour vivre.
L’homme, lui, connaît naturellement ce dont il a besoin pour vivre, mais seulement en général. Il peut ainsi par sa raison parvenir, au moyen des principes universels, à la connaissance des choses particulières nécessaires à sa vie.
Mais il n’est pas possible qu’un homme seul atteigne par sa raison toutes les choses de cet ordre. Il est donc nécessaire que les hommes vivent en nombre pour s’entr’aider, pour se consacrer à des recherches diverses en rapport avec la diversité de leurs talents : l’un par exemple à la médecine, un autre à ceci, un autre encore à cela.
Cette constatation est encore rendue évidente du fait que l’homme possède en propre l’usage de la parole, qui lui permet de faire jaillir aux yeux d’autrui tout le contenu de sa pensée.
Les autres animaux, il est vrai, quand ils se communiquent leurs émotions, ne le font qu’en gros. Le chien montre sa colère en aboyant, et les autres espèces chacune à sa manière.
Toutefois, l’homme entretient un commerce beaucoup plus étroit avec son semblable que n’importe quel autre animal connu pour vivre en troupe, comme la grue, la fourmi et l’abeille.
Cette considération fait dire à Salomon dans l’Ecclésiaste, chapitre IV, verset 9 : Il vaut mieux être deux qu’un seul. Car chacun bénéficie de cette mutuelle compagnie.


Nécessité d’un gouvernement.
Si donc la nature de l’homme veut qu’il vive en société, il est pareillement nécessaire qu’il y ait parmi les hommes de quoi gouverner la multitude.
En effet, comme les hommes existent nombreux et que chacun pourvoit à ce qui lui convient, chacun irait de son côté, s’il n’y avait quelqu’un pour avoir soin du bien de la multitude.
Ainsi le corps de l’homme, comme de n’importe quel animal, se désagrégerait, s’il n’y avait dans ce corps une certaine force directrice commune, ordonnée au bien commun de tous les membres.
Cette considération inspire à Salomon la parole suivante dans les Proverbes, chapitre XI, verset 14 : Là où il n’y a pas de gouverneur, le peuple se dissout.
Il n’est pas étonnant qu’il en soit ainsi, car il n’y a pas d’identité entre l’intérêt propre et l’intérêt commun. Les intérêts propres divisent, tandis que l’intérêt commun unit. Aux effets différents répondent des causes différentes. Il faut donc, en plus de ce qui meut au bien propre de chacun, quelque chose qui meuve au bien commun de l’ensemble.
C’est pourquoi l’on trouve aussi un principe directeur en toutes les choses appelées à former un tout. Dans le monde des corps, en effet un premier corps, le corps céleste, dirige les autres selon un certain ordre de la divine Providence et la créature raisonnable les dirige tous.
De même, en chaque homme, l’âme gouverne le corps et, entre les parties de l’âme, l’irascible et le concupisciple sont gouvernés par la raison. Entre les membres du corps pareillement, il en est un principal qui meut tout, que ce soit le cœur ou la tête.
Il faut donc qu’il y ait dans n’importe quelle multitude une direction chargée de régler et de gouverner.


Le bon gouvernement et le mauvais.
Cependant, comme il arrive, dans des choses ordonnées à une fin, de marcher droit ou non, on trouve dans le gouvernement de la multitude ce qui est droit et ce qui ne l’est point.
Un être, quel qu’il soit, marche droit quand il va vers la fin qui lui convient, et il ne marche pas droit quand il va vers la fin qui ne lui convient pas.
Différente en effet est la fin qui convient à une multitude d’hommes libres et à une multitude d’hommes serfs. Car l’homme libre est sa propre cause, tandis que l’homme serf, dans tout son être, est la chose d’un autre.
Si donc celui qui régit un groupe d’hommes libres les ordonne au bien commun de leur collectivité, son gouvernement est droit et juste, ainsi qu’il convient à des hommes libres.
Si, au contraire, c’est en vue non du bien commun du groupe, mais de son propre bien qu’il l’ordonne, son gouvernement est injuste et déréglé. Aussi le Seigneur lui-même adresse-t-il ses menaces à de pareils chefs lorsqu’il dit par la bouche d’Ézéchiel XXXIV, 2 : Malheur aux pasteurs qui se paissent eux-mêmes (c’est-à-dire qui cherchent leurs propres avantages) : n’est-ce pas les troupeaux que les pasteurs doivent paître ?
Puisque c’est le bien du troupeau que doivent chercher les pasteurs, les chefs doivent de même chercher le bien du groupe qui leur est soumis.


Différentes espèces de mauvais gouvernements.
Si un régime injuste est le fait d’un seul homme qui recherche dans le gouvernement ses propres avantages et non le bien de la multitude qui lui est soumise, on appelle un tel chef tyran ; ce mot exprime l’idée de force parce que le tyran opprime par la puissance, au lieu de gouverner par la justice. Chez les anciens on appelait tyrans tous les détenteurs du pouvoir.
Si au contraire le régime injuste est le fait non d’un seul mais de plusieurs, pourvu qu’ils soient peu nombreux, on l’appelle oligarchie, c’est-à-dire domination du petit nombre ; il en est ainsi lorsque quelques hommes, forts de leurs richesses, oppriment le peuple, se distinguant du tyran par le seul fait qu’ils sont plusieurs.
Mais si le gouvernement inique est exercé par beaucoup, on l’appelle démocratie, c’est-à-dire domination du peuple, quand, forte de sa multitude, la populace opprime les riches. Tout le peuple devient alors un seul tyran.


Différentes espèces de bons gouvernements.
Il faut faire la même distinction entre les différentes espèces de bons gouvernements.
Si le bon gouvernement est exercé par une classe nombreuse de citoyens, on lui donne généralement le nom de république, comme quand l’armée exerce le pouvoir dans la cité ou la province.
S’il est exercé par quelques hommes, d’ailleurs vertueux, le gouvernement s’appelle aristocratie, c’est-à-dire pouvoir du meilleur ou des meilleurs nommés pour cette raison les nobles.
Si le gouvernement appartient à un seul homme, cet homme s’appelle proprement roi ; c’est pourquoi le Seigneur a dit par la bouche d’Ézéchiel, XXXVII, 24 : Mon serviteur David sera roi au-dessus de tous et ils n’auront tous que lui pour seul pasteur.


Analyse du concept de roi.
Cela montre clairement que le concept de roi implique un seul chef et plus exactement un pasteur recherchant le bien commun du peuple et non son avantage personnel.
Il convient à l’homme de vivre en société, puisqu’il ne suffit pas aux besoins de sa vie s’il demeure solitaire ; dès lors la société sera d’autant plus parfaite qu’elle suffira mieux par elle-même aux besoins de la vie.
Une famille seule, confinée dans une maison, ne se suffira à elle-même que dans certains besoins vitaux, par exemple ceux qui se rapportent aux actes naturels de la nutrition, de la génération et des autres fonctions similaires.
Un seul bourg ne se suffira à lui-même que pour les besoins concernant le seul corps de métier qui l’habite.
Quant à la cité, qui est une communauté parfaite, elle se suffira à elle-même dans tous les besoins de la vie. Et plus encore la province, parce qu’elle pourvoit à elle seule au besoin de secours mutuel pour la résistance à l’ennemi.
C’est pourquoi celui qui gouverne la société parfaite, qu’elle soit cité ou province, est appelé par excellence roi. Celui qui gouverne une maison ne s’appelle pas roi, mais père de famille. Il a pourtant quelque ressemblance avec un roi, et c’est pourquoi les rois sont parfois appelés pères de leurs peuples.
Définition de la royauté.
De tout ce que nous avons dit il appert qu’un roi est celui qui gouverne le peuple d’une seule cité ou province, et cela en vue du bien commun. Aussi Salomon dit-il dans l’Ecclésiaste V, 8 : Le roi commande à tout le territoire qui lui est soumis.


Source et suite: http://www.viveleroy.fr/De-regimine-principum-ou-De-Regno,9


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MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 17:41 (2016)    Sujet du message: Publicité

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