France royale Index du Forum

France royale
Simulation d'une France en régime monarchique

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Antigone, héroïne de la loi naturelle

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    France royale Index du Forum -> Provinces -> Anjou
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Légitimisme


Hors ligne

Inscrit le: 25 Aoû 2016
Messages: 72

MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 17:38 (2016)    Sujet du message: Antigone, héroïne de la loi naturelle Répondre en citant

Antigone, héroïne de la loi naturelle
Du devoir de résistance
vendredi 15 novembre 2013 par Faoudel

En ces temps calamiteux, où la plupart des autorités temporelles et spirituelles se sont ralliées à l’esprit de monde qui proclame les « Droits de l’Homme », de l’homme tout puissant, de l’homme maître de la nature, de l’homme maître de sa nature, de l’homme qui décide du bien et du mal — et donc de l’homme qui se fait Dieu —, du fond des âges une petite voix dérangeante, une petite voix entêtante retentit : Antigone rappelle aux tyrans de la modernité qu’il existe une loi naturelle indépendante de la volonté de l’homme, une loi de notre nature, cette loi de raison qu’on ne saurait violer sans violer notre humanité. RÉSISTANCE ! Droit naturel, mieux, droit divin — si on reconnaît comme Antigone que ce droit vient de Dieu —, voilà le combat ultime que montre la jeune fille, voilà son testament sublime pour la grande guerre eschatologique contre l’asservissement planétaire qui se profile.

Table des matières

La tragédie « Antigone » de Sophocle (495-406 av. J.-C.)
Résumé de la pièce
Le siège de Thèbes vient de finir ; les Argiens sont en fuite ; Étéocle et Polynice se sont entre-tués dans la bataille. Créon, devenu roi par la mort de ses neveux, a promulgué un édit inhumain : il veut que le cadavre de Polynice « soit abandonné sans larmes et sans sépulture à la voracité des oiseaux » et il a décrété la peine capitale contre les impudents qui enfreindraient cet édit.
Au début du drame, Antigone sort du palais avec un vase sur l’épaule. Courageuse, elle a résolu de verser sur le corps de son frère l’eau lustrale et la poussière prescrite par les rites ; elle se dirige seule vers la campagne où gît le cadavre de Polynice.
Superbe et fier, Créon descend — comme autrefois Œdipe — les marches du palais. En termes énergiques, il renouvelle au peuple son ordre sacrilège. Il sera inflexible pour quiconque lui désobéira.
À peine a-t-il achevé cette proclamation qu’un garde arrive, tremblant. Avec une frayeur comique, il raconte au roi qu’un téméraire inconnu a jeté un peu de terre sur le cadavre de Polynice et, par conséquent, a accompli les rites prescrits. Créon s’emporte à cette nouvelle. Il insulte le Chœur ; il menace le garde et promet de faire un exemple terrible sur les responsables, si le coupable n’est pas découvert et livré.
Le Chœur, resté seul, chante le génie inventif de l’homme et ses merveilleuses victoires sur la nature. Mais il regrette qu’égaré par son orgueil, l’être humain « viole les lois de la patrie et les droits sacrés des dieux ».
Le garde revient tout joyeux. Il amène Antigone à Créon et dénonce au roi la jeune fille. C’est elle qui a inhumé Polynice ; c’est elle qu’on a surprise versant de la poussière sur le mort. Alors s’engage entre le tyran et l’héroïne un dialogue immortel (relaté ci-après).
Aux reproches et aux invectives de Créon, Antigone réplique par l’affirmation des lois « non écrites, mais immuables », par la revendication hautaine de l’équité divine sur la justice des hommes. Créon défendait ; les dieux ordonnaient. Elle a écouté la voix des dieux et tient tête au tyran qui écume de rage et hurle la sentence de mort.
Antigone trouve un défenseur résolu : c’est son fiancé, son cousin germain, le fils de Créon. Respectueux, quoique ferme, Hémon supplie son père de réfléchir et d’accorder la vie à Antigone. Mais son éloquence émue et insinuante ne peut rien contre l’implacable entêtement du roi. Injurié grossièrement, le jeune homme s’éloigne désespéré, en prononçant des paroles lugubres qui impressionnent péniblement le Chœur.
Condamnée à être murée dans une caverne où elle attendra que la mort la prenne, Antigone traverse la scène, escortée par Créon et des gardes. Raillée lâchement par le Chœur, elle a un moment de défaillance bien explicable et pleure sur ses espérances de jeunesse. Puis elle se redresse et marche au supplice avec l’exaltation d’une martyre, avec la conscience qu’elle périt victime du devoir.
Dans un hymne purement mythologique, le Chœur énumère les personnages qui furent traités comme va l’être Antigone et qui subirent la force du Destin.
Créon triomphe ; mais l’expiation est proche. Voici venir Tirésias, le messager des dieux. Au nom de la divinité, il commande à Créon de délivrer Antigone et d’ensevelir Polynice. Le tyran raille et injurie ; puis, effrayé par les prédictions sinistres du devin, il se précipite pour contremander l’ordre fatal.
Le Chœur appelle Bacchus, le dieu protecteur de la ville, au secours des Thébains menacés de nouveaux malheurs.
Il est trop tard ! Les malheurs se suivent et s’accumulent. Un messager nous apprend qu’Antigone s’est pendue dans la caverne et qu’Hémon s’est suicidé auprès d’elle, après avoir craché au visage de son père. Cette catastrophe désespère la femme de Créon, qui se tue. Et, tout écrasé par cet amas inouï d’expiations, le tyran, devant les cadavres de son fils et de son épouse, comprend qu’il y a des dieux qui jugent et qui savent châtier même les rois.
Extrait de l’affrontement entre Antigone et Créon
L’affrontement entre la jeune fille et le tyran est immédiat et total : elle affirme l’illégitimité de l’édit royal en se réclamant des lois divines, non écrites et éternelles.
Citation:
Créon — Connaissais-tu la défense que j’avais fait proclamer ? Antigone — Oui, je la connaissais ; pouvais-je l’ignorer ? Elle était des plus claires.
Créon — Ainsi tu as osé passer outre à ma loi ?
Antigone — Oui, car ce n’est pas Zeus qui l’avait proclamée ! Ce n’est pas la Justice, assise aux côtés des dieux infernaux ; non, ce ne sont pas là les lois qu’ils ont jamais fixées aux hommes, et je ne pensais pas que tes défenses à toi fussent assez puissantes pour permettre à un mortel de passer outre à d’autres lois, aux lois non écrites, inébranlables, des dieux ! Elles ne datent, celles-là, ni d’aujourd’hui ni d’hier, et nul ne sait le jour où elles ont paru. Ces lois-là, pouvais-je donc, par crainte de qui que ce fût, m’exposer à leur vengeance chez les dieux ? Que je dusse mourir, ne le savais-je pas ? et cela, quand bien même tu n’aurais rien défendu. Mais mourir avant l’heure, je le dis bien haut, pour moi, c’est tout profit : lorsqu’on vit comme moi, au milieu des malheurs sans nombre, comment ne pas trouver de profit à mourir ? Subir la mort, pour moi n’est pas une souffrance. C’en eût été une, au contraire, si j’avais toléré que le corps d’un fils de ma mère n’eût pas, après sa mort, obtenu un tombeau. De cela, oui, j’eusse souffert ; de ceci je ne souffre pas. Je te parais sans doute agir comme une folle. Mais le fou pourrait bien être celui même qui me traite de folle.
Créon — […] Puisque seule dans la cité je l’ai trouvée rebelle, j’entends ne pas tromper la confiance du peuple : je la condamne à mort […]
L’anarchie est le pire des fléaux ; elle ruine les cités, détruit les foyers, rompt les lignes du combat, sème la panique, alors que la discipline sauve la plupart de ceux qui restent à leur poste. C’est pourquoi notre devoir est de défendre l’ordre et de ne jamais souffrir qu’une femme ait le dessus. Mieux vaut tomber, s’il le faut, sous les coups d’un homme, que d’être appelé le vaincu d’une femme. [1]

Brève analyse
L’orgueil de Créon est immense, et ses dernières paroles trahissent sa contrariété d’être désobéi et repris pour des motifs raisonnables, d’autant plus que ceux-ci sont exposés par une femme (probablement est-ce d’ailleurs une raison importante de son entêtement). Cependant, il se doit de défendre rationnellement sa loi inique, sous peine de perdre tout crédit, aussi invoque-t-il son utilité, son efficacité pour maintenir l’ordre de la Cité. Cet argument — « positiviste » avant l’heure — est réfuté par le jurisconsulte romain Cicéron (106-43 av. J.C.) qui déclare à ce propos :
Citation:
Il est impossible qu’une chose soit utile si elle n’est pas en même temps moralement bonne. Et ce n’est point parce qu’elle est utile qu’elle est moralement bonne, mais parce qu’elle est moralement bonne qu’elle est utile. [2]

Dans sa pièce Sophocle montre que l’ordre et la paix ne sauraient en aucun cas s’obtenir au dépens de la loi morale, la loi commune au genre humain, ou loi de nature, cette loi d’origine divine. Violer la loi naturelle provoque au contraire la déchéance et la mort.


Source et suite: http://www.viveleroy.fr/Antigone-heroine-de-la-loi


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 25 Aoû - 17:38 (2016)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    France royale Index du Forum -> Provinces -> Anjou Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com